Quels sont les inconvénients du Renault Kadjar ?

Quels sont les inconvénients de la Renault Kadjar ?

Le Renault Kadjar s’est vendu à près de 685 000 exemplaires, ce qui en fait l’un des SUV compacts les plus répandus sur le marché de l’occasion. Mais derrière ces chiffres, le bilan fiabilité est loin d’être uniforme. Certaines motorisations sont de vraies bombes à retardement, d’autres sont solides à condition de bien entretenir le véhicule. Avant d’acheter un Kadjar d’occasion, voici ce que vous devez savoir, motorisation par motorisation.

Motorisation Fiabilité Risque principal Verdict
1.2 TCe 130 Très mauvaise Casse moteur avant 60 000 km À fuir absolument
1.3 TCe 140/160 (avant fin 2021) Moyenne Injecteurs, pompe HP Avec pré-contrôle obligatoire
1.6 TCe 165 Correcte Sondes lambda, mode dégradé Acceptable avec historique
1.5 dCi / Blue dCi 115 Bonne FAP, AdBlue en usage urbain Le meilleur choix
1.6 dCi 130 Bonne Fuite carter distribution Avec historique propre

⚠️ L’essentiel à retenir

Kadjar = fiable en diesel, risqué en 1.2 TCe essence
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1.2 TCe 130 : à bannir

Casse moteur fréquente avant 60 000 km, coût souvent supérieur à la valeur du véhicule.

Blue dCi 115 boîte manuelle

Le Kadjar le plus fiable, capable de dépasser 200 000 km avec un entretien rigoureux.

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Boîte EDC6 : vigilance

À-coups récurrents sur la phase 1, reprogrammation nécessaire vers 87 000 km.

Avant tout achat, demandez une lecture OBD complète et vérifiez le niveau d’huile moteur à froid, même si l’annonce semble irréprochable.

Le 1.2 TCe 130 : la motorisation à fuir absolument

C’est le point de départ de tout achat de Kadjar d’occasion : le 1.2 TCe 130 est une motorisation structurellement défaillante. Le problème vient d’une segmentation défectueuse associée à une pression trop faible au collecteur d’admission, ce qui provoque l’aspiration de l’huile du carter vers la chambre de combustion.

Les conséquences sont lourdes. La consommation d’huile dépasse régulièrement 1 litre pour 1 000 km, et des casses moteur ont été signalées avant 60 000 km, parfois sans signe précurseur. Le 4e cylindre lâche fréquemment vers 110 000 km. Un rappel constructeur a bien été effectué, mais il n’a pas résolu le problème en profondeur.

Les symptômes à surveiller lors d’un essai sont les suivants :

  • Fumée bleue à l’échappement, signe d’une combustion d’huile
  • Ralenti instable et messages « contrôle injection » au tableau de bord
  • Bruit de chaîne anormal, voyant risque de casse moteur allumé
  • Consommation de carburant excessive, jusqu’à 15 litres aux 100 km en montagne
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Le coût d’un remplacement moteur oscille entre 5 000 et 8 000 euros, soit souvent plus que la valeur marchande du véhicule sur les premiers millésimes. Quel que soit le soin apporté à l’annonce, cette motorisation est à écarter sans exception.

Les autres motorisations essence posent-elles les mêmes problèmes ?

Le reste de la gamme essence n’est pas aussi problématique que le 1.2 TCe 130, mais chaque bloc a ses fragilités propres. Deux motorisations méritent une attention particulière selon le millésime.

1.3 TCe 140 et 160 : injection et turbo à surveiller

Le 1.3 TCe, issu de l’alliance Renault-Mercedes, est techniquement ambitieux. Sur les millésimes commercialisés avant fin 2021, les premières années ont été marquées par des injecteurs défaillants et une pompe haute pression qui fatigue prématurément. Les symptômes typiques sont des ratés à l’accélération et des démarrages poussifs par temps froid.

La version 160 ch sollicite davantage la suralimentation, avec des cas de wastegate grippée et de durites d’admission fendues. Le coût de réparation va de 1 500 à 4 000 euros selon ce qui lâche. Les millésimes fin 2021 et suivants bénéficient de correctifs appliqués par Renault : ils restent envisageables, à condition de passer par un pré-contrôle approfondi chez un mécanicien indépendant.

1.6 TCe 165 : des défauts moins graves mais répétitifs

Le 1.6 TCe 165 est plus fiable que le 1.2 TCe, mais il n’est pas sans défauts. Les sondes lambda sont capricieuses et le catalyseur s’encrasse rapidement en usage urbain, ce qui provoque un passage en mode dégradé avec voyant orange et surconsommation ponctuelle. Ces pannes sont rarement létales pour le moteur, mais elles reviennent régulièrement sur certains exemplaires. Comptez entre 800 et 2 000 euros pour remplacer les pièces concernées.

Le diesel est-il vraiment plus fiable sur le Kadjar ?

Moteur diesel Renault 1.5 dCi vue rapprochée compartiment

Oui, globalement. Le 1.5 dCi et le Blue dCi 115 sont les motorisations de référence sur le Kadjar. Le bloc était déjà bien rodé avant le lancement du modèle, ce qui explique l’absence de pannes structurelles récurrentes. Un exemplaire bien entretenu peut dépasser 200 000 kilomètres sans problème majeur.

Il y a cependant des conditions à respecter. L’usage urbain pur est l’ennemi du diesel sur ce véhicule. Sans trajets longs réguliers, le FAP se colmate vers 120 000 km, entraînant une perte de puissance progressive et des régénérations de plus en plus fréquentes (600 à 1 000 euros). Le système AdBlue montre ses limites vers 80 000 km avec un voyant allumé persistant, pour un coût de 700 à 1 200 euros. L’EGR demande aussi une surveillance rigoureuse, et les vidanges doivent être faites à intervalles courts.

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Le 1.6 dCi 130 est globalement fiable, mais une fuite du carter de distribution apparaît fréquemment entre 70 000 et 80 000 km. La réparation coûte environ 2 100 euros. À vérifier impérativement avant achat. Le 1.7 dCi 150 est peu répandu sur le marché de l’occasion, mais les retours disponibles sont positifs.

Quelle boîte de vitesses choisir sur le Kadjar ?

C’est l’un des points faibles les plus documentés du modèle : aucune boîte n’est parfaite sur le Kadjar, mais certaines sont clairement à éviter.

Voici le bilan par type de transmission :

  • Boîte EDC6 (phase 1) : à-coups aléatoires entre les rapports 1, 2 et 3, démarrage brutal en pente, cas extrêmes de blocage complet du véhicule signalés. Une reprogrammation est nécessaire vers 87 000 km.
  • Boîte EDC7 (phase 2) : plus aboutie, mais à surveiller à partir de 100 000 km avec des symptômes de patinage et de verrouillage sur un rapport. Coût de réparation entre 1 200 et 2 000 euros.
  • Boîte manuelle 6 rapports : passage des vitesses accrocheux, embrayage fragile sur certains exemplaires dès 35 000 km, broutage au démarrage en 1ère à chaud.
  • Boîte XTronic CVT : à éviter sans exception. Sensation désagréable à la conduite, fiabilité insuffisante sur la durée.

Le meilleur compromis reste la boîte manuelle couplée au Blue dCi 115, qui offre la meilleure durabilité à long terme. Pour ceux qui préfèrent l’automatique, l’EDC7 phase 2 est acceptable avec un historique d’entretien complet.

Électronique, finition et confort : ce qui agace au quotidien

Au-delà de la mécanique, le Kadjar accumule des petits défauts qui finissent par peser. Le système multimédia R-Link et R-Link 2 est lent, peu réactif, avec un GPS approximatif et des bugs récurrents sur CarPlay et Android Auto. L’écran tombe en panne dès 60 000 km sur certains exemplaires (400 à 700 euros de remplacement). Des alertes intempestives de freinage d’urgence ou de radar de recul se déclenchent sans raison, avec le redémarrage du véhicule comme seule solution provisoire.

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Côté carrosserie, la buée dans les phares LED est un défaut de fabrication connu, coûteux (environ 2 000 euros) et souvent récidivant après remplacement. Les feux arrière LED accumulent de l’eau. L’étanchéité du toit ouvrant se dégrade à partir de 5 ans d’utilisation, avec des infiltrations qui coûtent entre 300 et 700 euros à corriger.

La sellerie en simili cuir (TEP) se craquelle et s’affaisse dès 40 000 km sur le siège conducteur. Les plastiques intérieurs sont médiocres, les bruits parasites apparaissent rapidement, et l’insonorisation laisse passer les bruits de roulement ainsi que le vent sur les arêtes du capot au-delà de 110 km/h. Ajoutez à cela un rayon de braquage de 10,5 mètres qui complique les manœuvres en ville, et vous avez le tableau complet des irritants quotidiens.

Quelles versions acheter ou éviter en occasion ?

Pour résumer les choix à faire face à une annonce, voici les versions sur lesquelles concentrer (ou non) votre attention. Si vous envisagez un comparatif avec le Nissan Qashqai, qui partage la même base technique, les mêmes questions se posent sur certaines motorisations communes.

Les versions à écarter :

  • 1.2 TCe 130 : à bannir quelle que soit la qualité de l’annonce
  • Boîte XTronic CVT : dans toutes les configurations
  • EDC6 phase 1 sans preuve de reprogrammation au carnet
  • 1.3 TCe 140/160 des millésimes 2019 à mi-2021 sans pré-contrôle

Les versions qui méritent d’être considérées :

  • Blue dCi 115 boîte manuelle phase 2 : le choix le plus solide, avec un usage mixte ville/route
  • 1.5 dCi 110 avec carnet d’entretien complet et kilométrage autoroutier documenté
  • 1.6 dCi 130 si le carter de distribution a été contrôlé ou remplacé
  • 1.3 TCe 140/160 fin 2021 ou après avec lecture OBD et factures d’entretien injection

Avant de signer, vérifiez systématiquement le niveau et l’aspect de l’huile moteur, lisez les codes défauts OBD y compris ceux effacés récemment, et testez le véhicule avec des reprises franches sur voie rapide. Ces dix minutes peuvent vous éviter une mauvaise surprise à plusieurs milliers d’euros.

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Julien Marchand

Je suis garagiste depuis pas mal d’années, et ce que j’aime le plus dans mon métier, c’est partager ce que je sais. La mécanique, ce n’est pas juste des boulons et des clés, c’est de la logique, de la patience et un peu d’instinct. J’aime aider ceux qui veulent comprendre comment fonctionne leur voiture, leur montrer les bons gestes, les erreurs à éviter. Je crois qu’on apprend vraiment en mettant les mains dedans. Mon but, c’est que chacun puisse prendre confiance, savoir entretenir sa voiture sans stress. Je ne garde pas mes secrets pour moi, parce que la mécanique, c’est fait pour être transmise, pas gardée sous clé.

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