La réponse est oui, dans la grande majorité des situations. En 2024, les trois modèles les plus vendus en France toutes catégories confondues étaient la Renault Clio (91 435 unités), la Peugeot 208 (88 918 unités) et la Dacia Sandero (75 978 unités). Trois citadines à moteur thermique. Le marché compte encore 25 modèles disponibles neufs en France, et ce segment représente plus de la moitié des ventes nationales. Autant dire que le thermique est loin d’avoir dit son dernier mot. Mais avant de signer, quelques questions méritent des réponses claires.
🔑 Ce qu’il faut retenir
Le thermique sera-t-il vraiment interdit de circuler ?
C’est l’inquiétude qui revient le plus souvent, et elle repose sur une confusion entre deux réalités bien distinctes : l’interdiction de vendre des véhicules thermiques neufs, et l’interdiction de rouler avec. Ces deux choses n’ont ni le même calendrier ni les mêmes conséquences pour vous.
L’échéance européenne ne concerne pas la circulation
Le Parlement Européen a voté la fin de la commercialisation de véhicules thermiques neufs à partir de 2035. Ce texte ne prévoit ni confiscation, ni retrait du parc existant. Une citadine essence achetée aujourd’hui pourra légalement rouler bien au-delà de cette date. La mesure s’adresse aux constructeurs automobiles, pas aux propriétaires.
Les ZFE, un risque ciblé sur les anciens véhicules
Les Zones à Faibles Émissions inquiètent, mais leur impact dépend directement de l’âge et du type de motorisation. Le classement Crit’Air détermine qui est concerné :
- Crit’Air 3 et au-delà : déjà interdits dans plusieurs grandes agglomérations
- Crit’Air 2 (essence post-2006) : encore autorisé dans la majorité des villes
- Crit’Air 1 (essence récent ou converti) : aucune restriction en vigueur
Une conversion E85 ou GPL, dont le coût se situe entre 1 000 et 2 000 €, permet d’obtenir la vignette Crit’Air 1. Toute citadine essence achetée neuve aujourd’hui sera classée Crit’Air 1 par défaut.
La norme Euro 7 fait monter les prix, pas disparaître les modèles
La norme Euro 7, entrée en vigueur au 1er juillet 2025, impose un seuil strict d’émissions pour tous les véhicules légers. Le surcoût de mise en conformité est estimé à environ 5 000 € par véhicule : la VW Polo, aujourd’hui à 20 640 €, pourrait dépasser 25 000 €. Les micro-citadines ont payé le prix fort, la Renault Twingo s’est arrêtée, la Citroën C1, la Peugeot 108 et la Ford Ka avaient déjà disparu. En revanche, les citadines du segment B autour de 4 mètres (Clio, 208, Sandero, C3, Yaris) restent bien présentes sur le marché. Ce qui change, c’est le prix d’accès, pas la disponibilité du segment.
Ce qui penche encore en faveur du moteur essence
Au-delà du contexte réglementaire, les raisons concrètes de choisir une citadine à moteur thermique restent nombreuses. Voici les plus déterminantes :
- Prix d’achat : l’écart avec l’équivalent électrique atteint 10 000 à 15 000 € en moyenne. La Peugeot 208 essence démarre à 18 810 €, contre 33 950 € pour la version électrique.
- Valeur de revente : une citadine essence récente perd moins de valeur qu’une électrique, dont les batteries subissent une dépréciation liée aux évolutions technologiques rapides.
- Entretien : n’importe quel garage indépendant peut intervenir, avec des pièces accessibles et des coûts prévisibles, sans dépendance au réseau officiel.
- Ravitaillement : un plein prend 5 minutes dans toute station-service du territoire, sans organisation particulière du trajet.
- Liberté d’usage : aucune infrastructure à domicile n’est nécessaire, ce qui est déterminant pour les locataires et les copropriétés non équipées de bornes.
- Stop & Start : présent sur presque tous les modèles récents, ce système permet jusqu’à 15 % d’économie de carburant en conduite urbaine.
À cela s’ajoute la possibilité de convertir son véhicule en bioéthanol E85, ce qui réduit le coût du carburant à l’usage et améliore automatiquement la classification Crit’Air.
Thermique, hybride ou électrique selon votre usage réel
La question n’a rien d’idéologique. Elle se tranche selon votre situation concrète : budget, infrastructure disponible, type de trajets. Ce tableau permet de s’y retrouver rapidement.
| Motorisation | Avantage principal | Limite principale | Profil adapté |
|---|---|---|---|
| Thermique essence | Prix d’achat, liberté totale | Coût carburant en hausse | Usage mixte, budget inférieur à 20 000 €, pas de borne |
| Hybride non rechargeable | Jusqu’à -40 % de conso en ville, sans contrainte de recharge | Prix légèrement supérieur | Urbain fréquent, budget entre 20 000 et 25 000 € |
| Électrique | Coût au kilomètre très faible | Prix élevé, recharge contraignante | 100 % urbain, borne à domicile, budget supérieur à 25 000 € |
L’hybride non rechargeable mérite une attention particulière si vous hésitez. La Toyota Yaris Hybride tourne à 4 L/100 km sans aucune borne. La Renault Clio E-Tech 145ch fonctionne en mode électrique jusqu’à 80 % du temps en circulation urbaine, avec une consommation réduite de 40 % par rapport à une version essence comparable, à partir de 19 900 €. Un compromis sérieux pour ceux dont le budget le permet.
Pour qui le moteur essence reste le meilleur choix aujourd’hui ?
Si vous vous reconnaissez dans l’un de ces profils, une citadine thermique reste la réponse la plus cohérente à votre situation :
- Usage mixte entre ville et route de façon régulière
- Pas de point de recharge disponible à domicile (locataire, copropriété sans installation)
- Budget inférieur à 20 000 € pour une voiture correctement équipée
- Zone périurbaine ou rurale avec un réseau de bornes insuffisant
- Volume kilométrique élevé, supérieur à 15 000 km par an, avec des trajets variés
- Achat d’occasion pour garder la main sur les coûts d’entretien
En revanche, si vous roulez exclusivement en ville et disposez d’une borne à domicile, l’hybride ou l’électrique devient une option à examiner sérieusement.
Quels modèles choisir si la décision est prise ?
Une fois l’orientation décidée, le bon modèle dépend avant tout de vos priorités entre fiabilité, équipement et budget.
Fiabilité avant tout
La Toyota Yaris (4e génération), assemblée à Valenciennes, est la référence mécanique du segment depuis plusieurs générations. Sa solidité dans le temps est documentée et reconnue. La Dacia Sandero se place juste derrière grâce à une architecture simple qui réduit les risques de panne et facilite les interventions. Elle reste aussi la citadine neuve accessible au tarif le plus bas du marché, à partir de 12 990 €.
Meilleur rapport équipement et prix
Trois modèles se positionnent bien sur ce critère :
- la Clio 5 de Renault : best-seller national, bien équipée dès la finition Evolution à environ 19 600 €, avec un réseau de service après-vente dense sur tout le territoire
- Peugeot 208 Allure essence : cockpit 3D soigné, présentation intérieure au-dessus de la moyenne du segment, à 20 630 €
- Seat Ibiza : moteur 1.0 TSI reconnu pour sa robustesse, finitions bien abouties à partir de 19 000 €
Budget serré ou achat sur le marché de l’occasion
En occasion, la Dacia Sandero récente offre le rapport prix/usage le plus favorable du marché, avec un historique de pannes limité et des coûts d’entretien maîtrisés. La Toyota Yaris hybride d’occasion constitue une autre piste solide : fiabilité confirmée sur la durée et consommation contenue, avec une valeur de revente qui résiste bien dans le temps.
Un point d’attention sur les tarifs affichés en concession : le prix d’appel correspond toujours à la version la moins équipée, souvent sans climatisation ni écran tactile. Pour une citadine neuve avec un niveau de confort acceptable, le budget réaliste se situe entre 18 000 et 22 000 €.
Questions fréquentes
Une voiture thermique achetée aujourd’hui pourra-t-elle encore circuler dans 10 ans ?
Oui. L’interdiction européenne porte uniquement sur la vente de véhicules neufs à moteur thermique, pas sur leur circulation. Les voitures déjà immatriculées, y compris celles achetées aujourd’hui, pourront rouler légalement sans limitation liée à cette mesure.
Quelle citadine essence est la plus fiable sur le marché actuel ?
La Toyota Yaris est la référence du segment sur ce critère, avec un historique mécanique solide sur plusieurs générations. La Dacia Sandero suit de près grâce à son architecture simple et à ses faibles coûts d’entretien, notamment en achat d’occasion.
La norme Euro 7 va-t-elle faire disparaître les citadines thermiques ?
Non, mais elle réduit la gamme et pousse les prix à la hausse. Les très petites citadines ont déjà disparu du marché. Les modèles du segment principal (Clio, 208, Sandero, C3, Yaris) sont maintenus, avec un surcoût de mise en conformité estimé à environ 5 000 € par véhicule.


