Les BMW Série 1 F20 à éviter sont principalement les modèles produits entre 2011 et 2015 avant le restylage Phase 2. Ces versions embarquent les moteurs N13 (114i, 116i, 118i), N20 (120i, 125i) et N47 (118d, 120d, 125d), tous affectés par des défauts chroniques de chaîne de distribution et de consommation d’huile excessive. Les réparations oscillent entre 1 800 et 5 300 €, parfois plus que la valeur résiduelle du véhicule. À l’inverse, les versions Phase 2 à partir de 2015 intègrent les nouveaux moteurs de la famille B (B38, B48, B47, B58) qui corrigent ces défauts majeurs.
| Modèle / Moteur | Années | Verdict | Problème / Coût |
|---|---|---|---|
| 114i, 116i, 118i (N13) | 2011-2015 | À éviter | Chaîne + huile / 1 800-2 500 € |
| 120i, 125i (N20) | 2011-2015 | À éviter | Chaîne + fuites / 2 000-5 300 € |
| 118d, 120d (N47) | 2011-2015 | À éviter | Chaîne / 4 000-5 300 € |
| 125d (N47) | 2011-2015 | À éviter | Chaîne + bimasse / 5 000-7 000 € |
| 116i, 118i (B38), 120i, 125i (B48) | 2015-2019 | Fiable | Défauts mineurs / 200-300 € |
| 116d, 118d, 120d (B47) | 2015-2019 | Fiable | Version corrigée du N47 |
| M140i (B58) | 2016-2019 | Très fiable | Référence absolue |
📋 L’essentiel à retenir
- Le restylage 2015 (Phase 2) marque un tournant avec l’arrivée des moteurs famille B fiabilisés
- Les moteurs N13, N20 et N47 présentent des guides plastique et tendeurs hydrauliques défaillants
- Un cliquetis métallique au démarrage à froid signale un étirement critique de la chaîne
- La M140i avec son moteur B58 six cylindres représente le choix le plus sûr de la gamme
- Un historique d’entretien complet avec factures reste indispensable avant tout achat d’occasion
Quels moteurs essence de la Série 1 F20 faut-il éviter ?
Les motorisations essence de première génération concentrent l’essentiel des problèmes de fiabilité. Deux blocs mécaniques sortent du lot par leur fragilité chronique.
Le moteur N13 sur les 114i, 116i et 118i
Ce moteur N13 de 1,6 L turbocompressé équipe les versions d’entrée de gamme développant entre 102 et 170 ch selon les bridages électroniques. Issu d’une collaboration entre BMW et PSA, ce bloc est également monté sur les Mini Cooper S de la même époque. Les mécaniciens spécialisés le surnomment parfois « grenade mécanique ».
Le premier défaut majeur concerne la chaîne de distribution. Contrairement aux courroies qui se remplacent à intervalles réguliers, cette pièce métallique est théoriquement prévue pour durer. Sauf qu’ici, les guides en plastique et le tendeur hydraulique montrent des signes d’usure prématurée. Entre 80 000 et 120 000 km, elle s’étire progressivement. Vous entendrez alors un cliquetis métallique caractéristique au démarrage à froid, comme si des billes métalliques s’entrechoquaient sous le capot.
Si ce bruit apparaît, le remplacement préventif s’impose rapidement. Le kit complet avec la main d’œuvre coûte entre 1 800 et 2 500 €. En cas de rupture totale, c’est la casse moteur assurée avec une facture pouvant grimper jusqu’à 8 000 €.
Le second problème touche la consommation d’huile. Ces blocs peuvent avaler jusqu’à 1 litre tous les 1 000 km, contre une consommation normale de 1 litre pour 10 000 km. Deux causes principales expliquent ce phénomène : la membrane du système PCV (recirculation des vapeurs d’huile) se perce et aspire l’huile dans l’admission, ou les joints de queue de soupape durcissent avec le temps, laissant l’huile descendre dans les cylindres. Le remplacement de la membrane coûte entre 150 et 400 €, tandis qu’une fumée bleue à l’échappement au ralenti trahit des joints défaillants nécessitant la dépose de la culasse.
Le moteur N20 sur les 120i et 125i
Le moteur N20 de 2,0 L turbo développe 184 ch sur la 120i et 218 ch sur la 125i. Plus puissant que le N13, il partage malheureusement les mêmes défauts de conception au niveau de la distribution. La chaîne, les guides et le tendeur présentent la même fragilité, avec des symptômes identiques autour de 100 000 km.
Ce bloc ajoute toutefois ses propres problèmes spécifiques. Les durites de liquide de refroidissement reliées au turbocompresseur ont tendance à se fissurer, provoquant des fuites parfois spectaculaires. Le remplacement de ces conduites coûte entre 300 et 600 € selon l’ampleur des dégâts. L’injection directe entraîne également un encrassement progressif des soupapes d’admission. Sans le nettoyage naturel assuré par l’essence sur les moteurs à injection indirecte, la calamine s’accumule. À terme, cela génère des ratés moteur et une perte de puissance. Un décalaminage professionnel oscille entre 200 et 400 €. Le cumul de ces interventions peut rapidement dépasser les 5 000 €.
Pourquoi les modèles diesel peuvent-ils poser problème ?
Les versions diesel ne sont pas épargnées. Le moteur N47, l’un des plus produits par BMW, traîne une réputation sulfureuse bien méritée.
Le moteur N47 et ses défauts de chaîne de distribution
Ce bloc diesel de 2,0 L équipe les 118d et 120d de première génération. Robuste sur le papier, il souffre exactement du même défaut que ses homologues essence : une chaîne de distribution fragile. La différence ? Sur un diesel, l’intervention est encore plus coûteuse car l’accessibilité du moteur complique la main d’œuvre.
Le remplacement de la chaîne sur un N47 oscille entre 4 000 et 5 300 €. Pour un véhicule qui vaut entre 8 000 et 12 000 € sur le marché de l’occasion, c’est rédhibitoire. Les premiers symptômes apparaissent généralement entre 150 000 et 180 000 km, mais certains propriétaires rapportent des défaillances dès 120 000 km.
À ces soucis s’ajoutent d’autres faiblesses récurrentes. Les injecteurs s’encrassent ou tombent en panne (400 à 700 € l’unité, à multiplier par quatre si remplacement complet). La vanne EGR se colmate (200 à 300 € pour un nettoyage, 500 à 800 € pour un remplacement). Le turbocompresseur peut lâcher prématurément (1 500 à 2 000 € pour une réfection, 2 500 à 3 500 € pour un remplacement complet). Lors d’un essai, soyez attentif aux bruits métalliques au démarrage, aux fumées anormales et à toute perte de puissance inexpliquée. Un diagnostic électronique OBD révèlera les codes défauts liés au calage de la distribution.
La 125d et ses problèmes additionnels
La BMW 125d embarque le même N47 avec 218 ch, ce qui en fait une version particulièrement performante. Malheureusement, elle cumule tous les défauts du N47 standard auxquels s’ajoute un volant moteur bimasse fragile. Cette pièce, censée amortir les vibrations du diesel, montre des signes de faiblesse autour de 120 000 km. Son remplacement coûte entre 1 200 et 1 800 € avec la main d’œuvre. Même avec un entretien rigoureux, les propriétaires rapportent régulièrement ces pannes.
Quels sont les modèles de Série 1 F20 fiables à privilégier ?
Heureusement, toutes les versions ne sont pas à fuir. Le restylage de 2015 a marqué un véritable tournant en matière de fiabilité.
Les versions Phase 2 à partir de 2015
En 2015, BMW a procédé à un restylage en profondeur, baptisé Phase 2 ou LCI. Au-delà des modifications esthétiques (phares full LED, boucliers redessinés, feux arrière retouchés), le constructeur a surtout remplacé l’intégralité de ses moteurs problématiques par la nouvelle famille B. Les corrections apportées sont nombreuses : chaîne renforcée avec guides en matériaux de meilleure qualité, tendeur hydraulique redessiné pour limiter l’étirement prématuré, système de recirculation des vapeurs d’huile amélioré, consommation d’huile revenue à des niveaux normaux (moins de 1 L pour 10 000 km). Pour reconnaître visuellement une Phase 2, vérifiez les phares : les modèles restylés reçoivent des optiques full LED avec un design en chicane.
La BMW M140i, référence absolue
Si votre budget le permet, la BMW M140i représente le choix le plus sûr de toute la gamme. Commercialisée uniquement en Phase 2 (2016-2019), elle embarque le légendaire moteur B58, un 6 cylindres en ligne de 3,0 L développant 340 ch. Les passionnés le surnomment le « 2JZ allemand » en référence au mythique bloc Toyota Supra. Ce moteur affiche une fiabilité exceptionnelle. Les seuls défauts rapportés concernent de légères fuites d’huile au niveau du cache-culbuteurs après 100 000 km, réparables pour 200 à 300 €. En échange, vous obtenez des performances impressionnantes : 0 à 100 km/h en 4,6 secondes et une propulsion arrière qui procure un vrai plaisir de conduite. À titre de comparaison, la M135i de Phase 1 (2012-2015) équipée du moteur N55 reste globalement fiable, mais le B58 de la M140i lui est supérieur en termes de longévité.
Les alternatives diesel et essence fiabilisées
Pour les motorisations essence plus accessibles, privilégiez les versions Phase 2 avec les moteurs B38 (3 cylindres 1,5 L turbo sur 116i et 118i) et B48 (4 cylindres 2,0 L turbo sur 120i et 125i). Ces blocs ont fait leurs preuves avec une fiabilité nettement supérieure aux N13 et N20. Les propriétaires ne rapportent que des problèmes mineurs, principalement des fuites légères au niveau du cache-culbuteurs après plusieurs années d’utilisation. Côté diesel, le moteur B47 équipe les 116d, 118d et 120d de Phase 2. Il s’agit d’une évolution complète du N47 avec toutes les corrections nécessaires. La chaîne a été entièrement revue, et les retours terrain sont très positifs.
Comment vérifier une Série 1 F20 avant l’achat ?
Même sur les versions fiables, une inspection rigoureuse s’impose avant tout achat d’occasion.
Commencez toujours par un test à froid. Demandez au vendeur de ne pas démarrer le véhicule avant votre arrivée. Au premier démarrage, tendez l’oreille près du capot : tout cliquetis métallique ou bruit de crécelle signale un problème de chaîne. C’est un signal d’alarme absolu sur les moteurs N13, N20 et N47.
Exigez ensuite l’historique d’entretien complet. Le carnet de maintenance doit contenir toutes les révisions avec les factures correspondantes. Vérifiez particulièrement les vidanges : BMW préconise un intervalle de 15 000 km, mais les moteurs problématiques gagnent en longévité avec des vidanges tous les 10 000 km. Un propriétaire sérieux aura respecté ce rythme.
Un diagnostic électronique OBD permet de lire les codes défauts mémorisés dans le calculateur moteur. Plusieurs applications mobiles (OBD Fusion, Torque) et boîtiers Bluetooth abordables (30 à 50 €) donnent accès à ces informations. Recherchez spécifiquement les codes liés au calage, à la consommation d’huile excessive ou aux dysfonctionnements du turbo.
L’inspection visuelle doit couvrir plusieurs points essentiels :
- Vérifiez le niveau d’huile actuel et son état (couleur, présence de particules métalliques)
- Cherchez des fuites d’huile sous le moteur, particulièrement au niveau du cache-culbuteurs
- Observez les fumées d’échappement : une fumée bleue au ralenti indique une combustion d’huile
- Inspectez l’état général du compartiment moteur (propreté, traces d’huile sur les durites)
Pendant l’essai routier, testez le moteur dans différentes conditions. Accélérations franches, reprises, montées en régime : tout comportement anormal (perte de puissance, hésitations, bruits métalliques) doit vous alerter. Sur les diesels, une fumée noire excessive à l’accélération trahit des injecteurs défaillants ou une vanne EGR encrassée.
Posez également ces questions au vendeur : quelle est la fréquence d’appoint en huile (un ajout mensuel signale un problème), des travaux importants ont-ils été réalisés (chaîne remplacée, turbo refait, injecteurs changés), quelle est la raison de la vente (méfiez-vous des explications évasives), le véhicule a-t-il connu des pannes récurrentes ?
Certains signaux doivent vous pousser à refuser l’achat immédiatement. Un cliquetis métallique au démarrage sur un moteur Phase 1 annonce une facture de plusieurs milliers d’euros à court terme. Un historique d’entretien incomplet ou absent ne permet pas d’évaluer l’état réel du véhicule. Une consommation d’huile anormale confirmée par le vendeur indique des joints de soupape usés ou un système PCV défaillant. Enfin, un kilométrage supérieur à 100 000 km sur une Phase 1 multiplie les risques de pannes imminentes. Même si une Phase 1 en excellent état peut sembler une bonne affaire à 2 000 € de moins, privilégiez systématiquement une Phase 2. L’investissement initial légèrement supérieur vous évitera potentiellement 4 000 à 5 000 € de réparations dans les deux années suivant l’achat.


